Chrystelle Duparchy, François Jacquier

Après les galeries de Fort-l'Ecluse voici un autre site souterrain creusé par l'homme qui mérite le détour. Une galerie de près d'un kilomètre creusée à la fin du 19ième afin d'éviter des inondations répétitives du village situé au fond d'une cuvette. Le site est bien connu, marqué sur la carte, et des excursions guidées y sont organisées de temps à autre.
Surprise à l'arrivée devant l'orifice supérieur (ouest) : une haute grille cadenassée interdit l'accès d'un escalier métallique ; serions-nous venus là pour rien ?

En regardant mieux il y a un petit portillon latéral qui donne accès à une suite d'échelons scellés dans la paroi qui permettent de descendre un puits de 5 ou 6 m. Drôle de concept : on laisse libre un accès un peu casse gueule alors que l'escalier sécurisé est muni d'un cadenas hors norme ?
Bref, on ne cherche pas à comprendre et une fois en bas on s'engage dans le tunnel. Bien contents d'avoir pris nos bottes car dès les premiers mètres le fond du conduit baigne dans 10 à 15 cm d'eau. La galerie est entièrement taillée dans la roche, sa hauteur avoisine 2 m et sa largeur un peu plus d'un mètre. Par endroits des cumuls de pierres au sol diminuent la hauteur et le casque est également bien apprécié. 
Parcourir un kilomètre de conduit rectiligne pourrait sembler monotone mais, ici comme à Fort l'Ecluse, la calcification a repris ses droits. Le parcours est donc jalonné de concrétions comme dans une grotte naturelle. Les escaliers de gours en fond de galerie sont remarquables, ainsi que les microgours en parois, quelques stalactites et coulées sont également présentes. En plusieurs endroits le conduit recoupe des cavités naturelles dont deux puits sur diaclases. L'un d'eux s'ouvre le long de la paroi en laissant comme un parapet naturel. C'est pas très large mais ça semble continuer et l'eau y disparait avec un glouglou sympa.
Le tracé général ne doit pas être parfaitement rectiligne car on ne voit pas la lumière du jour d'un bout à l'autre, par contre la sortie aval est spectaculaire : une conduite métallique cannelée renforce la galerie sur une trentaine de mètres, ce qui donne l'impression d'évoluer dans le vaisseau spatial de la Guerre des étoiles !
Quelques minutes pour profiter du soleil sans trop savoir où nous sommes et nous faisons demi-tour avant de rencontrer Dark Vador. 
Une balade sans la moindre salissure qui mérite un petit détour à quelques kilomètres seulement de la route de Bourg.