mis à jour le :
mardi 8 juillet, 2008
 
 

 

 
  La petite histoire du canyoning
Haut-Jurassien
 
     
 
 
     

Le canyoning dans notre département a réellement prit de l’ampleur en 1992 avec l’apparition d’un topoguide. Mais sa véritable histoire débute un peu plus tôt. Elle est principalement l’œuvre de spéléologues.
Si on exclue les nombreuses incursions des "utilisateurs historiques" des gorges et cascades (chasseurs, pêcheurs, forestiers, utilisateurs de la force motrice de l’eau, etc ..) les sites où l’on pratique la "descente de canyon" ont une histoire bien récente que voici, résumée brièvement site par site.
On remarquera que curieusement, les explorateurs/équipeurs commencèrent par les plus longs…

1) Les balbutiements : le Bief des Parres
(ou Bief Blanc, longueur : 4000m, dénivellation : 640 m)

Tout commence vers 1977 (faute d’écrits, la date n’est pas sûre à 100 %) lorsqu’à la recherche de cavités nouvelles, des membres du Spéléo-Club (Christine et Denis Hochedé, Christian Locatelli et Dominique Guyétand sous la houlette de Robert Le Pennec) attaquent la descente du Bief des Parres.
À cette époque (trente ans tout juste), le terme canyoning n’existe pas encore et même le mot canyon ne sert qu’à qualifier des phénomènes géologiques d’ampleur tels le Verdon ou le Colorado …
Cette descente improvisée se réalise sans équipement pour affronter l’eau car … à priori il n’y en aura pas !
En effet, ce ruisseau temporaire qui court sur un plateau karstique vers 1100 m d’altitude est truffé de pertes (hélas impénétrables) qui barrent souvent la route à l’eau dans la partie aval qui dégringole de 600 m dans un vallon situé dans les pentes sud des gorges du Flumen.
La perspective de trouver d’autres pertes pénétrables et des résurgences le long du lit du bief motive la troupe simplement équipée d’un bout de corde et de quelques spits.
Cette balade est longue de plus de 4000 m, aussi le premier tiers qui se passe encore sur le plateau des Moussières est monotone et presque sans obstacles majeurs, tout au plus quelques petites cascades sèches et quelques porches de grottes sans continuations.
Les difficultés débutent au bord du plateau où la pente s’accentue et les verticales commencent à se succéder et avec à leurs bases … des marmites plus ou moins profondes, que personne n’a envie de tester.
L’encaissement, peu important est souvent ponctuel et large.
Le contournement est alors le maître mot, vu qu’il est possible, même au prix d’escalades et de traversée parfois bien plus "expos" que le bain d’eau glacé et croupie …
À la fin de la journée, le retour à la civilisation se fait avec un bilan quasi négatif spéléologiquement parlant, même si on est conscient que les contournements d’obstacles parfois assez longs tels que des encaissements aquatiques n’ont pas permis de tout voir…
Aussi, guère plus tard, une autre équipe du club (emmenée par Serge Tournier) effectuera la descente en schuntant un peu moins de ces parties aquatiques, sans toutefois visiter l’ensemble du lit et sans trouver de cavités intéressantes.

Bief des Parres
Puis c’est l’oublie pendant plus de 10 ans.
En 1988, Dominique Guyétand est de retour dans sa région natale et le monde du canyon commence à faire doucement du bruit.
Il n’a pas oublié cette belle aventure inachevée et décide de reprendre l’exploration et surtout l’équipement en fixe, car le club vient de faire l’acquisition d’une arme redoutable et nouvelle : un perfo autonome sur accus !
C’est la révolution.
Cet outil (un Bosch GBH 24 v) va ouvrir de nouvelles perspectives en pouvant forer à volonté des trous dans lesquels on va pouvoir sceller … quelque chose à la fois résistant et pas cher.
Il n’est pas encore question de goujons et de broches et les plaquettes + maillons sont trop onéreux, ça sera donc du fer à béton collé au Sintofer (mastique avec durcisseur utilisé par le papa carrossier).
Et la mode étant encore à la longue corde lovée en deux écheveaux, les fers à béton seront scellés sous la forme d’un simple crochet ouvert et doublé !
Je sais, maintenant ça fait froid dans le dos mais c’était facile à faire, facile à poser, et facile à utiliser.
Une fois à l’amarrage, il suffisait d’accrocher la corde en son milieu, de défaire les deux écheveaux et de les balancer en bas, génial non ?
Évidemment, attention au décrochage au départ ! La contrainte était quand même de placer les tiges toujours travaillant au cisaillement et suffisamment hautes pour éviter de voir sortir la corde non encore tendue…
Mais le plus drôle dans cette histoire, c’est quand même qu’à cette époque, le club ne possédait qu’un seul et unique accus !
Vous imaginez donc le nombre de descentes nécessaires pour finaliser le projet, contrecarré aussi par le fait que déjà, cette activité qui était en train de devenir le canyoning, ne faisant pas l’unanimité au club et que les équipiers étaient très difficiles à trouver.
Malgré tout, en août 1989, Philippe Gilotte, Dominique et Dominique Guyétand réalisaient la première descente intégrale du Bief, cette fois réellement par le fond, sans néoprènes ni casques d’ailleurs …

Vidéo du 11 mars 2007 réalisée par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/2449738

2) Le deuxième grand chantier : Les cascades de Pissevieille
(Longchaumois, longueur : 1250 m, dénivellation : 315 m)

En 1986, le spéléo baroudeur du SCSC Pascal Boirry réside alors non loin de cette grande cassure qui entaille les Monts de Bienne.
Après les pluies, un torrent temporaire (et oui, nous sommes en plein plateau karstique !) disparaît du plateau et dévale un vallon inaccessible pour réapparaître enfin et se jeter dans le vide dans la vallée de la Haute Bienne. C’est la célèbre et impressionnante cascade de Pissevieille, haute de près de 70 m.
Il n’en faut pas plus pour aiguiser sa curiosité de spéléo et d’explorateur.
Il fera une ou deux reconnaissances de la partie amont sans laisser de traces visibles. Sans doute contournait-il les difficultés en longeant les flancs droits du canyon ?
En 1989, Dominique Guyétand décide de reprendre l’exploration du vallon, conquis par cette séduisante cascade terminale et le fort potentiel que doit receler l’amont.


Cascade de Pissevielle

Cascade de Pissevieille
Fort de l'expérience du Bief des Parres, la technique des amarrages évolue alors vers un prototype de broche à double scellement, cette fois réalisé avec une résine époxy bi-composants célèbre : l’Araldite !
Mais que l’on se rassure, encore une fois les implantations font toujours travailler les broches au cisaillement uniquement.
Chose remarquable et typiquement Jurassien, l’ouverture du canyon (et de beaucoup de suivants) se fait en plusieurs touches successives car Dom a décidé d’équiper en amarrages scellés durant la première !
C’est pas banal et ça fait durer le plaisir plus longtemps !
En octobre 90, l’intégrale est ouverte et équipée en fixe, et une belle et magnifique crue voit passer enfin une équipe du SCSC uniquement consacrée au plaisir de la descente (Jean-luc Lacroix, Xavier Jaillet, Sébastien, Dominique et Dominique Guyétand).

Vidéo réalisée en février 2007 par Manu Carvalho :
http://www.youtube.com/watch?v=thnKgJvSgp8

3) Le premier canyon aquatique : Les gorges de l’Abîme
(St-Claude, longueur : 800 m, dénivellation : 50 m)

 

Situées aux portes Nord de Saint-Claude, les gorges de l’Abîme sont surtout connues pour la mythique résurgence qui les alimente en partie : le trou de l’Abîme.
En aval, ce torrent puissant et très froid s’encaisse entre deux parois et d’innombrables bassins profonds en jalonnent le parcours.
C’est Robert Le Pennec qui, accompagné de Dominique Guyétand réalise la toute première descente "moderne" de la partie amont en 1979.
Aventure émaillée seulement par la nécessité de remonter en stop en néoprène à la voiture du haut, car les clés de celle du bas s’y trouvait…
C’était ça aussi les balbutiement du canyoning !

Gorges de l'Âbîme
À cette époque, pas encore d’aménagement touristique et l’accès pouvait se faire avec une petite navette par la route de Vaucluse.
Puis, calme plat, avec seulement deux ou trois descentes de l’amont sans poser d’équipement fixe.
Il faudra attendre la formation du duo "Jean-Luc Lacroix - Dominique Guyétand" pour que l’exploration et l’équipement des sites prennent une autre ampleur.
C’est donc en 1990 que les compères réalisent l’ouverture de la partie aval et l’équipement en fixe de l’ensemble, donnant une nouvelle dimension à ce site et au canyoning Jurassien.
À cette époque, Jean-Luc possédait une néoprène aussi fine que ses épaules de kayakiste étaient larges, et les bains répétés dans l’eau à 7°c avait presque réussi à entamé son enthousiasme !
On notera aussi l’apparition des broches doubles en inox, indestructibles, résistant sans doute à plus de 5 tonnes au cisaillement et sorties tout droit de l’atelier et de l’imagination de Dominique.
Vingt sept ans après, elles sont toujours en place, en parfait état …
Fait marquant et important : EDF qui gère la micro centrale située à l’entrée des gorges, fait pression auprès de la commune de St-Claude pour interdire l’accès au lit du canyon, interdisant du même coup le canyoning.
Parallèlement, la commune réalisait à grands frais des aménagements touristiques, infiniment plus dangereux (chutes de pierres, absence de rambardes, etc …) que la pratique raisonnée du canyon.
Aucune des nombreuses négociations n’aboutirent, malgré l’absence de danger en période d’étiage…

4) Le bief de la Goulette
(Jeurre, longueur : 400m, dénivellation : 120m)

Ces cascades de tuf bien visibles depuis le fond de la vallée de la Bienne sont peu encaissées.
Aussi ont elles été reconnues partiellement de longues dates par les locaux .
Des spéléos de la région y auraient fait une reconnaissance dans les années 70 sans toutefois laisser d’équipement.
Jean-Luc Lacroix, kayakiste converti nouvellement à la spéléo au SCSC en réalise l’ouverture "moderne", en compagnie de Joël Boillot et Patricia Jeandel en 1990.
L’équipement est fait au tamponnoir et spits de 8 mm.
La rencontre de Dominique (déjà un ancien du club !) va être le déclic.
Ils découvrent avec stupéfaction qu’ils font des ouvertures chacun dans leur coin (Jean-Luc vient d’ouvrir aussi les ruisseau des Gorges à Vaux-les-Saint-Claude) et décident d’unir leurs efforts.
Courant 91, le bief est équipé en broches doubles inox.


Bief de la Goulette

Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2006 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3sr.html

5) Le ruisseau des Gorges
(Vaux-les-St-Claude, longueur : 1750 m, dénivellation : 280 m )

Encore une fois, on doit l’ouverture de cette longue course sauvage à l’équipe de Jean-Luc Lacroix (J. Boillot, P. Jeandel, D. Breuillot) en 1990.
Et encore une fois, ne disposant pas de perfo, ils équipent à l’aide de spit de 8 mm avec des anneaux doublés : un long et beau travail.
C’est au printemps 91 que Dominique peut enfin faire cette descente, mais Jean-Luc ne reconnaît plus le canyon !
En effet, un hiver terrible c’est abattue sur le secteur, et une neige très lourde a renversé des centaines d’arbres, créant un immense enchevêtrement apocalyptique façon Mikado.
C’est la consternation !
Tombé sous le charme de ce ravin perdu, Dominique en entreprends le nettoyage, parfois accompagné, mais le plus souvent seul, totalisant plus d’une centaine d’heures de travail !
En 1992, avec des membres de l’association Haut-Jura Canyon qu’il a créé (Christophe Bourg et J-Yves Mussot) il ré-équipe l’ensemble de la descente.
Avec des moyens cette fois, puisque avec des chaînes inox sur goujons inox de 10 mm…
Le top en la matière à l’époque !
Cet équipement "grand luxe" est même rendu inviolable en adaptant en atelier la partie à percuter des Longlife 12 mm de Petzl, encore une innovation !
Il est à souligner, que dans le même temps et jusque très tard (années 2000) la plupart des grandes classiques "usines à BE" des Alpes restaient encore équipées en spit de 8 mm avec plaquettes alus et maillons rongés …
Exemple consternant : Angon en Haute-Savoie !

6) Encore un gros morceau : Les cascades du Grosdar
(St-Claude, longueur : 2500 m, dénivellation 380 m)

Cette grande course devenue une classique se décompose en deux parties distinctes.
L’aval, facile, peu encaissée est aquatique et ne comporte qu’une verticale finale shuntable.
De tout temps elle a été parcourue par les autochtones.
À la belle saison c’était même la piscine des sanclaudiens réchauffés, avant la construction de la piscines actuelle.
L’amont, avec ses grandes verticales dont la célèbre "Queue de Cheval" et ses 70 m plein vide a une histoire plus récente.
Par sa beauté et sa présence, cette belle verticale a depuis longtemps attiré l’attention des amateurs de rappels à sensations, sans doute des grimpeurs.
Mais il ne subsiste aucune trace de leur passage, et aucune information fiable n’est parvenue jusqu’à nous.
Toutefois, en 1990, une équipe de grimpeurs "Lyonnais" menée par Jean-Claude Berrard équipe sommairement les trois cascades de l’amont et font même les manchettes de la presse locale.
L’équipe du SCSC qui connaît déjà bien l’aval aquatique, rode en même temps que les lyonnais sur l’amont, mais "invente" l’intégrale, en équipant encore plus en amont, en ré-équipant les grandes verticales ainsi que la cascade terminale baptisée la "Queue d’Âne" qui est haute de 25 m.
Au printemps 1991, l’intégrale est parcourue pour la première fois par Sébastien et Dominique Guyétand.

Cascade du Grosdar

Vidéos réalisée par Fabien Le Pissard en 2005 et 2006 (amont + aval) :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3g6.html
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3gX.html

7)Les gorges du Flumen
(Septmoncel, longueur : 1200 m, dénivellation : 300 m)


Gorges du Flumen
Traversant une magnifique cluse typiquement Jurassienne, le Flumen n’a curieusement pas attiré tout de suite les canyonistes sanclaudiens, bien occupés à ouvrir d’autres sites de taille conséquente.
Les gorges, parcourues par un torrent très froid et puissant sont sans doute explorées partiellement depuis fort longtemps par les forestiers et les pêcheurs, mais aussi par des meuniers qui colonisèrent la partie amont.
On rencontre en effet de nombreuses ruines de moulins, splendide témoignage d’un passé révolu, où l’eau avant d’être perçue comme un loisir était avant tout une énergie et une nécessité.
Mais cette cluse est une mine d’information sur le plan hydrologique et spéléologique, aussi les spéléos en fréquentent assez tôt certains secteurs, en évitant soigneusement de se tremper, juste pour repérer d’éventuelles cavités ou déposer des fluocapteurs…
Puis les temps changent et en 1990 les "Lyonnais" menés par J-C Berrard équipent sommairement et réalisent la première descente moderne (dans l’eau) et intégrale connue.
Sans doute y en a t-il eu des précédentes, mais l’absence d’équipement fait penser que ces pionniers évitaient l’eau le plus possible.
L’année suivante, Jean-Luc Lacroix et Dominique Guyétand emboîtent le pas en ré-équipant et en nettoyant l’ensemble des cascades.

Vidéo réalisée en 2006 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x1ay5o_gorges-du-flumen

8) Un vrai canyon : Coiserette
(Coiserette, longueur : 1400 m, dénivellation : 100m)

Son exploration "Moderne" commence comme un gag.
Un soir de 1991, Dominique rentre du Grosdar par le stade de Serger où est garée sa voiture. Il est allé équiper en solitaire la cascade de la "Queue d’Âne".
Une panne de perfo le retarde (finir le dernier trou en tapant au marteau sur le foret c’est long !), aussi il rencontre fortuitement un copain membre du club de Delta et sortant de son local.
Le voyant avec un sac où pend une corde ce dernier (qui possède une maison à Coiserette) lui demande d’où il vient et comprenant qu’il s’agissait de canyoning lui dit : « Et bien, vous devez bien vous amuser dans le Tacon ? ».
Dominique, d’abord interloqué, demande des détails et tombe des nues quand il apprend l’existence d’une gorge "très profonde et très encaissée". Vite, direction Coiserette ! Et là c‘est le choc ! Au bord de la route où il est passé maintes fois, le Tacon se jette brusquement de 20 m dans un véritable gouffre et disparaît dans un virage en grondant. Comment avoir ignoré un tel monstre si visible ? Sans plus attendre, arrivé à la maison, coup de fil au complice Jean-Luc qui n’en croit pas ses oreilles !

Gorges de Coiserette

Gorges de Coiserette
Le week-end suivant voit l’équipe fébrile attaquer le canyon. Le débit est à l’étiage mais la météo pas fameuse.
Certes, ce n’est pas de la première, deux spits l’attestent dans la deuxième cascade (et le copain est déjà passé une fois) mais qu’elle ambiance et quelle émotion !
Ils sont chargés comme des mules (perfo, trousse à spit, plusieurs cordes, etc..) et la progression est lente, surtout face aux monstrueux embâcles (des tonnes de bois compactés par les crues) qui obstruent complètement certains passages. Ils n’ont jamais rien rencontré de pareil !
Au beau milieu, alors qu’ils ignorent complètement qu’elle est la longueur du canyon et combien d’obstacles seront à équiper, éclate un gros orage. Il fait soudainement très sombre et il tombe des sacs d’eau ! C’est la panique et la fuite en avant, le plus rapidement possible. Par chance, plus aucune verticale à équiper et l’orage se calme.
La deuxième partie (dont il ignoraient l’existence) est entrevue, mais pas question de descendre avec cette météo !
De retour à la maison, une enquête auprès des copains du club révèle qu’une équipe (Philippe Gilotte et Chrystelle Duparchy) avait fait une reconnaissance des deux premières cascades en remontant sur leurs équipements laissés en fixe façon spéléo (d’où les spits rencontrés), mais sans prendre la peine d’en informer le duo, un comble !
Également, on apprend l’existence d’une équipe (Michel Jeantet et son acolyte Geneste, le père de l’indique du Delta-Club) avait fait des parois des gorges leur terrain de jeu dans les années 75. Mais à l’époque pas question de se mouiller inutilement.
Les jours suivants voient l’équipe aborder et explorer la deuxième partie, mais ils s’arrêtent là car ils ignorent la présence de la suite !
Dominique, curieux, décide quand même de voir si des fois, plus en aval … Et Bingo, ça se r’encaisse encore plus fort, il faudra revenir !
Les débits sont alors importants, mais l’impatience gagne sur la sagesse et une solution un peu Rock’n roll est trouvée pour faire avancer les choses et équiper la cascade entrevue depuis le haut. Il suffit de passer par la rive gauche, en visant bien, en fractionnant et en pendulant, il doit être possible de se poser pile sur le seuil incliné, où coulent environ 2 m/3 seconde, ce qui est monstrueux. Ambiance !
Il faudra attendre encore quelques semaines pour que le débit permette enfin de réaliser la descente de l’intégrale (parties 1, 2 et 3) dont la 3ème en première…(F. Jacquier, J-L Lacroix, D. Guyétand).

Gorges de Coiserette

Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2005 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft39t.html

9) Le canyon des conflits : les cascades de la Blénière
(St-Claude, longueur : 400 m, dénivellation : 110m)


Cascades de la Blénière
Située en rive gauche de la Bienne en amont de Saint-Claude, la Blénière est surtout connue pour sa petite cascade amont touristique : la cascade de la Vouivre. Elle voit débarquer pour la première fois des "homo-canyonus" par un froid matin de 1991.
Les sommets sont blancs, l’eau est juste en dessus de zéro et cette fois pas de perfo, donc le duo de choc se réchauffe au marteau tamponnoir pour une belle première. Ils ne savent pas encore que ce petit canyon sera une source d’ennuis pour de longs mois.
En effet, l’intégralité de la descente se déroule sur une propriété privée qui commence bien avant le portail et les barrières rencontrés. La publication des accès sera donc erronée, et le propriétaire vite dépassé et excédé par les événements.
Dans l’urgence et devant une situation extrêmement tendue, une solution doit être trouvée. Rapidement. C’elle qui est retenue consiste à débuter la course beaucoup plus en amont, au pont de la Pitié.
Il faut donc équiper et nettoyer cette portion très longue, puisqu’elle double la longueur et la dénivellation de la course. Depuis, cette partie amont qui présente assez peu d’intérêts et requiert une navette, est peu pratiquée, au profit d’un accès et retour par la bas en passant par le pont des Cheneviers.

Vidéo réalisée en Mars 2007 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/x1fwsi_canyon-de-la-bleniere

10) Un canyon école : Les cascades du moulin de Vulvoz
(Vulvoz)

Ce petit site unique est un concentré de canyon. Il est la propriété d’une vieille famille de Vulvoz, la famille Michalet. Il a été exploité fort longtemps pour son énergie hydraulique, avec d’abord une roue à aube située dans la marmite enjambée par le petit pont, puis un peu plus tard.
À l’aide d’une turbine alimentant une génératrice. Cette nouvelle technologie allait permettre de délocaliser l’usine devenue obsolète et surtout placée dans un environnement trop âpre et dangereux (la famille entière habitait au bord du canyon, on imagine le danger !).
On doit l’équipement à Dominique, qui en fit l’ouverture en 1991. Depuis, le scellement de nombreux amarrages font de ce mini canyon toujours en eau (3 cascades pour 100 m de longueur).
Un canyon école , agréable et pratique pour l’apprentissage de nombreuses techniques. Petite note marrante : le cour d’eau en question se nomme la Vulve ! Il est possible qu’il tire sont nom de la forme de la cascade (vue du bas) qui évoque un sexe féminin…

Cascades du Moulin de Vulvoz

Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2006 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3gu.html

11) Le canyon de Prévérant
(Choux et Viry, longueur : 250 m, dénivellation : 50 m)


Canyon de Prévérant
C’est sur les indications de François Jacquier (notre actuel président) que Jean-Luc et Dominique explorèrent ce canyon situé en forêt entre Choux et Viry en 1992.
Court, il commence superbement par une zone étroite et bien sculptée, puis s’évase dans une zone très ébouleuse et chaotique. L’ouverture sera ce jour là réalisée au spit et de façon light. Un léger complément d’équipement sera réalisé un peu plus tard.
À l’époque, jugeant la marche de retour trop contraignante et le canyon très court, il fut décidé d’équiper façon spéléo, c’est à dire en aller et retour. Donc il était impératif de partir avec plaquettes, clé de 13 et plusieurs petites cordes. Désormais, une marche de retour évidente est tracée et l’équipement en fixe complété.

12) Un canyon secret : le canyon de la Teinte
(Vaux-les-St-Claude, longueur : 400 m, dénivellation : 125 m)

Automne 1992. Le topo-guide (voir plus loin) est déjà sorti quand un membre du club, Xavier Jaillet originaire de Vaux-les-Saint-Claude, nous donne l’info suivante : Des chasseurs lui ont signalé un ruisseau qui pourrait nous intéresser, situé dans les bois de Vaux.
Comment, quelque chose nous aurait échappé ? D’ailleurs, si on regarde la carte topo, il y a juste un petit trait bleu qui disparaît (étrange) et depuis la route de la vallée, il n’y a rien de visible…
Septiques, Jean-Luc et Dominique conviennent toutefois d’un rendez vous avec Xavier. Il fait froid, et au bout de la route qui serpente dans la forêt, un minuscule lit de ruisseau à sec rampe sous la végétation.
« C’est là ! » déclare Xavier.
Dans la perspective de rencontrer ne serait-ce qu’une gouille d’eau glacée, ils s’équipent en néoprène. Une trousse à spit, un bout de corde et les voilà partis pour sans doute une fois de plus faire les sangliers pour rien, mais ils en ont l’habitude !
Et bien pas du tout. Au bout de quelques centaines de mètres, une superbe faille tapissée de mousses s’ouvre à eux et semble se prolonger !
L’excitation monte d’un seul coup ! Et la journée ira de surprises en surprises, avec une succession ininterrompue de petite cascades toutes très encaissées, dans un décor luxuriant, descendues en première en plantant seulement un seul spit … Ensuite, le ruisseau temporaire dévale de grandes dalles pour rejoindre les alluvions de la plaine pour se faire engloutir.
Par la suite plusieurs descentes seront consacrées au nettoyage, à l’équipement en fixe et à la topo.
La descente en crue devenant un vrai régal. Ce canyon non divulgué, restera longtemps confidentiel, seulement fréquenté par un ou deux BE dans la confidence, alors que parfois ça se bousculait à la Goulette toute proche…

Canyon de la teinte

Vidéo réalisée en janvier 2007 par manu Carvalho :
http://verticalh2o.free.fr/pages/video_teintepag.html
Vidéo réalisé en Mars 2007 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/2449616

13) Les Gorges de la Lantenne
(Vescles, longueur : 500m , dénivellation : 100m )

C’est Jean-Luc qui le premier reparle de cette gorge située sur la commune de Vescles (rive droite de la vallée de l’Ain, entre Cernon et Condes). Il tenait l’info de son prof de kayak qui en avait sans doute (pensait-il) fait la première "moderne" dans les années 80. En fait elle fut l'objet d'une première par le GSJ dans les années 50, avec la découverte en amont d'une statue sculptée dans le tuf, que les spéléos avaient baptisée " La mort masquée". Les membres du GSJ ont souvent parcouru cette gorge en 74, 75, 76, avant sa destructruction par les tir de mine de creusement de la route au-dessus.
Une visite rapide, dans de mauvaises conditions (été 91 ? ), et le duo ressort un peu dégoûté par ce qu’il a vu : Des accès amont et aval longs et malcommodes, de l’eau croupie additionnée d’un peu d’égout et beaucoup de troncs et de branches cassés faisant office de piège à détritus… Bref, à fuir absolument ! Dans le topoguide, elles seront juste citées à la fin, avec la mention "à éviter".

Gorges de Lantenne
Un peu plus tard, Dominique qui habite non loin, revisite le canyon avec un autre œil, car ce jour là le torrent est enfin en eau, la lumière plus belle, les vasques transparentes ! Ce petit bout de gorge révèle finalement un potentiel, mais il y a du boulot ! Comme quoi, il ne faut jamais se forger une opinion sur une seule descente …
En 1994, le responsable de l’ADAPEMONT, association de développement locale, propose à Dominique (via son association Haut-Jura Canyon) de valoriser un ou deux sites de canyoning méconnus, dans le cadre d’un projet subventionné intitulé : Grands sites basse Vallée de l’Ain.
C’est l’occasion ou jamais de pouvoir « bosser » sur des canyons avec des moyens, et pourquoi pas, faire un peu de marge pour se rembourser les amarrages des autres. Un juste retour des choses en sorte… En 1995, après quelques dizaines d’heures de travail, les accès sont taillés et balisés, les gorges sont débarrassées de leurs embâcles gênants, et équipées tout inox. A Coisia, les modestes cascades du Four à Chaux sont équipées lors de la même opération.
Et s’en suivent quelques années d’oublie quasi total, car il n’y a pas eu de réelle publication, du moins pas dans les médias spécialisés.
Un jour de l’an 2005 (le 8 Avril pour être précis), un certain Wahooo (pseudo, Manu Carvalho dans la vie) contacte Dominique sur le forum de DC.com. Il veut des renseignements sur ces canyons.
Cette prise de contact, ainsi que la descente des gendarmes du PGM sera le déclic pour une reprise du nettoyage et du rééquipement de la Lantenne qui sera réalisé en 4 descentes à partir du printemps 2006. Désormais, c’est un magnifique petit canyon d’initiation, avec juste ce qu’il faut de verticales et aussi quelques sauts.

Vidéo réalisée en 2006 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x11hov_lantenne

14) Les cascades du Hérisson
(Bonlieu, Le Franois et Ménétrux, Longueur : 1300m, dénivellation : 180 m)

Sans doute les plus célèbres cascades du Jura… Depuis plus d’un siècle, des aménagements permettent à des milliers de touristes de remonter facilement l’ensemble du parcours et d’admirer ainsi une succession de grandes cascades de cartes postales.
Les premiers à tenter de les descendre en rappel sont inconnus et nombreux sont leurs successeurs, qu’ils soit grimpeurs ou plus certainement spéléos. Les premiers amarrages datent sans doute du début des années 80.
Elles présentent assez peu d’intérêt pour le puriste qui n’aime pas forcément prendre de douche en public…
Public non casqué, d’ailleurs bien exposé aux éventuelles chutes de cailloux provoqués par les "grenouilles araignées".
Depuis peu, un musée des cascades est ouvert au public à la belle saison.

Cascades du Hérisson

Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en Avril 2007 :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x1n4o6_cascades-du-herisson

15) Les gorges de la Langouette
(Les Planches-en-Montagne, longueur : 400 m, dénivellation 60m)


Gorges de la Langouette
Cet immense coup de sabre où gronde en permanence la puissante Saine, est situé à proximité immédiate du village des Planches-en-Montagne. Un pont très aérien enjambe l’impressionnante partie finale, à proximité du parking à touristes, point de départ du sentier aménagé. Tout est visible depuis les rives.
L’amont a subi également des aménagements afin de capter une partie du courant pour en faire de l’électricité. À l’aval, le long corridor rectiligne et sans difficultés a sans doute été remonté depuis fort longtemps, par les pêcheurs notamment .
La légende raconte que toute une troupe de cavaliers "Ulhans" seraient tombés dans le canyon en janvier 1871 … Plus près de nous et dès 1960 des kayakistes franchirent la partie aval par accès en rappel au pied de la C30 !
Mais la première descente moderne façon canyoning serait attribuée à l’équipe du regretté spéléologue Jean-Claude Frachon en 1981. Il publiera cette course en 1990 dans le topoguide : « Spéléologie en Franche-Comté ».
Après cette date, peu de descentes sans doute, à voir l’état pitoyable des quelques amarrages retrouvés. Dominique et Bernard Hostache (SCSC et HJC) ré-équipent en broches inox en 1993 et 1995.

16) Le Bief de la Ruine
(Foncine-le-Bas, longueur : 350 m, dénivellation : 110m)

Il s’agit d’une succession ininterrompue de cascades temporaires sortant d’une exurgence et se jetant dans la Saine dans les gorges de Malvaux.
Il est extrêmement difficile de les pratiquer en eau, tellement les crues sont puissantes et surtout très brèves.
Elle furent équipées à des fin d’entraînement spéléo dans les années 70, puis équipées façon canyon par les membres du Groupe de Recherche Spéléo de Besain (GRSB).

Vidéo réalisée en Avril 2007 par Fabien Le Pissard :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaftkgV.html


Bief de la Ruine

17) Une rando aquatique : les Gorges de Malvaux
(Foncine-le-Bas, longueur : 600m, dénivellation : 30m)

Entre Foncine et les Planches, la puissante Saine serpente dans une profonde et sauvage gorge.
En hautes eaux, elles attirent depuis longtemps les amateurs d’eau vive.
À l’étiage, c’est une agréable et facile randonnée aquatique et par tous les temps un bon spot de pêche !
La seule cascade, haute de 16 m est contournable. Aucun amarrage fixe ne vient "dater" sa première descente. Seuls subsistent des cordes fixes pour le franchissement et le contournement, posées par les guides canyon locaux.

18) Le Ruisseau de la Pèle
(Onoz, longueur 650 m, dénivellation : entre 70 et 100 m)


Ruisseau de la Pèle
Situé sur la rive droite du barrage de Vouglans, ce paisible ruisseau forestier se jette dans la retenue au fond d’une belle reculée.
Des vestiges de moulins attestent d’une fréquentation ancienne et son caractère peu encaissé a permis de le parcourir depuis toujours. Qui le premier a descendu la cascade finale ?
Mystère !
Néanmoins, on doit l’équipement aux moniteurs de la base nautique de Bellecin toute proche, dont Guy Meunier, en 1990.

19) La Cimante
(Meussia, longueur : 250m, dénivellation : 50m)

Cette courte descente non encaissée est connue des locaux depuis toujours.
Elle est propice a une descente d’initiation pour les enfants par exemple. Des arbres permettent de descendre les 4 petites cascades, il n’y a donc aucun amarrage fixe.
Publiée dans le topoguide en 1992 à l’initiative de Jean-Luc.
Une modification du tracé de la RD 27 a récemment enlaidit le parcours, ôtant un peu de charme à cette course mineure.

La Cimante

20) Les cascades du Four à Chaux
(Coisia, longueur : 400m, dénivellation : 110m)

Ces modestes cascades temporaires dévalent les flancs de la vallée de l’Ain à Coisia, (village qui abritât Dominique durant 9 ans…). À chaque grosse pluie, elles traçaient un trait verticale en face de sa maison, mais la végétation était si envahissante, le travail à entreprendre si rébarbatif, qu’elles resteront vierges encore longtemps.
Puis vint le projet de l’ADAPEMONT "Grands sites basse vallée de l’Ain" (voir le paragraphe de la Lantenne) et un gros nettoyage fut entrepris en une dizaine de séances en 1994 et 1995.
L’équipement sera réalisé dans la foulée. Ensuite, grand vide durant plus de 10 ans avec sans doute aucune descente et donc zéro entretien. En 2006, des gendarmes du PGM revisitent le site et relancent par le même coup l’intérêt de la course (publication sur DC.com).
Dominique et Manu Carvalho (ce dernier habite aussi Coisia, quel hasard !) refont alors une descente le 15 février 2007 en faisant un peu d’entretien et une vidéo.

Vidéo réalisée en février 2007 par Manu Carvalho :
http://verticalh2o.free.fr/pages/video_four_a_chauxpag.html

21) Cascades du Chanon


Cascade de Chanon
Canyon court affluent de l’Héria, que l’on rencontre en montant le côte de Jeurre (RD 27 entre Jeurre et Villards-d’Héria).
On doit l’ouverture à des membres du Delta-Club du Haut-Jura (à une époque, c’était canyon quand les conditions de vol n’étaient pas bonnes …) dans les années 90. Un rééquipement sur Starfixe Raumer inox est réalisé par Dominique accompagné de Jean-Yves Mussot en 1995.
Du fait de la route surplombante, des déchets finissent lamentablement au fond du canyon…
Un nettoyage est programmé.

22) La Publication

Fin 91, le duo "Dominique - Jean-Luc" écume tous les week-end chaque recoin du Haut-Jura pour trouver de nouveaux sites à ce mettre sous la dent. Ils réalisent en même temps des fiches qui commencent à s’accumuler.
L’idée un peu folle germe alors de publier sous forme d’un topoguide. L’hiver sera consacré à la mise au net de toute cette somme d’informations, ainsi qu’a la vérification de nombreux paramètres sur le terrain et la réalisation de photos d’illustration.
Une deuxième grande aventure…
Un contact est pris avec le leader des éditeurs de topoguides sportifs et un contrat est signé dans la foulée.
C’est ainsi que naquit en 1992, "Cascades, gorges et canyons du Haut-Jura" chez Edisud, tiré à 3000 exemplaires.
C’est un succès immédiat. Dès sa parution, des centaines de pratiquants se ruent littéralement sur la région (principalement des personnes issues de région assez Nord), à l’assaut de canyons complètement inconnus, seulement parcourus par une poignée d’initiés.
En mémoire, la copilote d’une camionnette de Parisiens, carte Michelin et topo tout frais sur ses genoux, guidant au ralentie le chauffeur hésitant, au carrefour de Coiserette…
Que d’émotion et de satisfaction à voir la concrétisation de tous ces efforts…

Cascade de Pissevieille

23) Un gros boulot sans fin : l’équipement et le nettoyage.

 


Canyon de Prévérant
L’ouverture et surtout la publication de sites peu ou pas connus a impliqué une somme de travail énorme, pour ne pas dire considérable. Il y a déjà la pose d’amarrages, qui comme on l’a vu plus haut a été réalisée de façon assez lourde dès le départ (scellements, goujons inox, chaînes, etc…).
Puis il y a eu le choix et souvent la création pure et simple des accès, ce qui représenta parfois pas mal de boulot et de soucies (voir la Blénière par exemple).
Mais la plus grosse part de travail aura été (et c’est encore vrai maintenant) le nettoyage de tout ce qui encombre le lit des torrents, à savoir des siècles de casse d’arbres, des embâcles coincés par les crues et plus près de nous les déchets générés par l’activité humaine…
Cela représente des centaines d’heures de travail, sans compter les déplacements, la progression dans les canyons et les accès…
Un exemple ancien cité plus haut, le ruisseau des Gorges avec plus d’une centaine d’heures de tronçonnage. Plus près de nous, l’énorme opération réalisée sur un week-end à Coiserette en 2005 avec les gars de la Tribu Canyon et du Spidercan qui doit totaliser pas loin des 200 heures cumulées.
L’équipement des canyons a été (et est encore) en perpétuelle progression. D’abord réalisé avec les moyens du bord et pour des lignes de descente unique, au fil du temps la qualité des matériels utilisés et leurs dispositions n’a cessé d’évoluer et de ce perfectionner.
Les débuts ont privilégié des amarrages généralement en retrait, souvent pour des raisons de sécurité. Si cette configuration dispensait souvent de la mise en place de mains-courantes d’accès, cela générait beaucoup de frottements et des problèmes de gestion de descente (débutant hors de la vue du leader, usure de la corde, rappels délicats …).
Puis vint doucement la mode des mains-courantes et donc des relais déportés. De plus, beaucoup de cascades virent apparaître des amarrages sur chaque rive, de façon à permettre la descente dans l’eau et hors eau.
Cette phase d’équipement qui consiste à bien réfléchir et à anticiper sur les futures actions tout en laissant une marque indélébile pour de nombreuses années (une signature en quelque sorte …) est une des passions de Dominique.
Passion qui le pousse encore maintenant à passer des journées entières à crapahuter (souvent seul) avec une montagne de matos, pour seulement aller poser 2 amarrages qu’il juge utiles pour le plaisir des autres ou pour améliorer la sécurité. Comme un peu de chauvinisme ne fait pas de mal, on peut dire qu’on lui doit environ 95 % des points posés dans la région !
Pour ce faire une petite idée, 62 est le nombre de points d’ancrage (goujons, broches scellées) que l’on rencontre dans le canyon du Flumen…

24) Canyoning et spéléo

Un fait curieux (et qui va sans doute faire grincer quelques dents…) est à signaler : la relative désaffection de la communauté spéléo jurassienne face au monde du canyon. Mais est-ce propre au Jura ? Dès les débuts de l’histoire, une très grande majorité des membres du club resta de marbre face aux "péripéties" et aux tribulations de quelques accros. Un désintérêt qui perdure encore maintenant. C’est assez incroyable de savoir que des sites comme le Grosdar, Coiserette ou le Flumen par exemple, qui sont des classiques connues, appréciées et situées aux portes de Saint-Claude, n’ont jamais été parcourus par une majeure partie des membres du SCSC. Si on élargie le cercle au niveau des clubs jurassiens, c’est encore pire.
Raisonner au niveau CDS 39, permet de constater que le pourcentage de canyonistes spéléos est ridicule, pour ne pas dire anecdotique … Pourquoi ? A qui la faute ? De nombreuses fois, des sorties collectives CDS ont été mise sur pied, et à chaque fois cela était un fiasco total ! C’est d’autant plus étrange quand on s’amuse à comparer nos voisins du Doubs, département très pauvre en canyon par rapport au Jura. Non seulement ils organisent des collectives canyon régulièrement, mais ces week-end sont généralement de véritables camps sur plusieurs jours avec plusieurs dizaines de personnes !
Dans ces conditions, représenter le canyon au sein de son club est difficile et au niveau comité départemental littéralement impossible !


Gorges de Coiserette

C’est cet état de fait qui amena Dominique à créer une association indépendante et autonome dès 1993 et baptisée Haut-Jura Canyon. Cette liberté vis à vis des instances locales et fédérales encore peu enclines au monde du canyon, allait être un moteur du développement. Mais, revers de la médaille, allait justement sans doute contribuer à accentuer cet écart entre "spéléos purs" et "spéléos renégats". Une des conséquences concrète de ce manque d’intérêt et de soutien, se traduit par l’absence totale de dynamique de la part d’un Comité Départemental parfaitement indifférent ! Indifférence due  aussi aux représentants de la commission canyon un brin démobilisés, pour ne pas dire dégoûté pour certains… On pourrait également élargir la réflexion au niveau des collectivités et des communes, finalement peut enclines à promouvoir et a soutenir une activité pourtant florissante et pourvoyeuse en "touristes consommateurs". Il est à noter qu’une grande majorité des pratiquants sont extérieurs à la régions et que souvent leur venue dans le Haut-jura est juste dictée par la visite d’un ou plusieurs canyons.
Coté fréquentation, que disent les chiffres ? En l’absence de données concernant le nombre des sorties spéléos et canyon, une estimation comparative tendrait à faire pencher la balance du coté du canyon. Si l’activité se met un peu en sommeil l’hiver venu, la situation se renverse à la belle saison et explose littéralement, notamment avec le guidage professionnel estival.
Tout cela reste à vérifier …

Bonnes descentes.

D. Guyétand

Crédit Photo : Yves Daniou, Vincent Quatrepoint, Bernard Navarro, Philip, Dominique Guyétand et stage EFC Jura 2006