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| mis à jour le : mardi 8 juillet, 2008 |
accueil>Canyon | |
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| La petite histoire du canyoning Haut-Jurassien |
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Le canyoning dans notre département a réellement
prit de lampleur en 1992 avec lapparition dun topoguide. Mais
sa véritable histoire débute un peu plus tôt. Elle est principalement
luvre de spéléologues.
Si on exclue les nombreuses incursions des "utilisateurs historiques"
des gorges et cascades (chasseurs, pêcheurs, forestiers, utilisateurs
de la force motrice de leau, etc ..) les sites où lon pratique
la "descente de canyon" ont une histoire bien récente que voici,
résumée brièvement site par site.
On remarquera que curieusement, les explorateurs/équipeurs commencèrent
par les plus longs
1) Les balbutiements : le Bief des
Parres
(ou Bief Blanc, longueur : 4000m, dénivellation : 640 m)
| Tout commence vers 1977 (faute décrits, la
date nest pas sûre à 100 %) lorsquà la recherche
de cavités nouvelles, des membres du Spéléo-Club (Christine
et Denis Hochedé, Christian Locatelli et Dominique Guyétand
sous la houlette de Robert Le Pennec) attaquent la descente du Bief des
Parres. À cette époque (trente ans tout juste), le terme canyoning nexiste pas encore et même le mot canyon ne sert quà qualifier des phénomènes géologiques dampleur tels le Verdon ou le Colorado |
| Cette descente improvisée se réalise sans
équipement pour affronter leau car
à priori il
ny en aura pas ! En effet, ce ruisseau temporaire qui court sur un plateau karstique vers 1100 m daltitude est truffé de pertes (hélas impénétrables) qui barrent souvent la route à leau dans la partie aval qui dégringole de 600 m dans un vallon situé dans les pentes sud des gorges du Flumen. La perspective de trouver dautres pertes pénétrables et des résurgences le long du lit du bief motive la troupe simplement équipée dun bout de corde et de quelques spits. Cette balade est longue de plus de 4000 m, aussi le premier tiers qui se passe encore sur le plateau des Moussières est monotone et presque sans obstacles majeurs, tout au plus quelques petites cascades sèches et quelques porches de grottes sans continuations. Les difficultés débutent au bord du plateau où la pente saccentue et les verticales commencent à se succéder et avec à leurs bases des marmites plus ou moins profondes, que personne na envie de tester. Lencaissement, peu important est souvent ponctuel et large. Le contournement est alors le maître mot, vu quil est possible, même au prix descalades et de traversée parfois bien plus "expos" que le bain deau glacé et croupie À la fin de la journée, le retour à la civilisation se fait avec un bilan quasi négatif spéléologiquement parlant, même si on est conscient que les contournements dobstacles parfois assez longs tels que des encaissements aquatiques nont pas permis de tout voir Aussi, guère plus tard, une autre équipe du club (emmenée par Serge Tournier) effectuera la descente en schuntant un peu moins de ces parties aquatiques, sans toutefois visiter lensemble du lit et sans trouver de cavités intéressantes. |
![]() Bief des Parres |
| Puis cest loublie pendant plus de 10 ans. En 1988, Dominique Guyétand est de retour dans sa région natale et le monde du canyon commence à faire doucement du bruit. Il na pas oublié cette belle aventure inachevée et décide de reprendre lexploration et surtout léquipement en fixe, car le club vient de faire lacquisition dune arme redoutable et nouvelle : un perfo autonome sur accus ! Cest la révolution. Cet outil (un Bosch GBH 24 v) va ouvrir de nouvelles perspectives en pouvant forer à volonté des trous dans lesquels on va pouvoir sceller quelque chose à la fois résistant et pas cher. Il nest pas encore question de goujons et de broches et les plaquettes + maillons sont trop onéreux, ça sera donc du fer à béton collé au Sintofer (mastique avec durcisseur utilisé par le papa carrossier). Et la mode étant encore à la longue corde lovée en deux écheveaux, les fers à béton seront scellés sous la forme dun simple crochet ouvert et doublé ! Je sais, maintenant ça fait froid dans le dos mais cétait facile à faire, facile à poser, et facile à utiliser. Une fois à lamarrage, il suffisait daccrocher la corde en son milieu, de défaire les deux écheveaux et de les balancer en bas, génial non ? Évidemment, attention au décrochage au départ ! La contrainte était quand même de placer les tiges toujours travaillant au cisaillement et suffisamment hautes pour éviter de voir sortir la corde non encore tendue Mais le plus drôle dans cette histoire, cest quand même quà cette époque, le club ne possédait quun seul et unique accus ! Vous imaginez donc le nombre de descentes nécessaires pour finaliser le projet, contrecarré aussi par le fait que déjà, cette activité qui était en train de devenir le canyoning, ne faisant pas lunanimité au club et que les équipiers étaient très difficiles à trouver. Malgré tout, en août 1989, Philippe Gilotte, Dominique et Dominique Guyétand réalisaient la première descente intégrale du Bief, cette fois réellement par le fond, sans néoprènes ni casques dailleurs |
Vidéo du 11 mars 2007 réalisée par Fabien
Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/2449738
2) Le deuxième grand chantier :
Les cascades de Pissevieille
(Longchaumois, longueur : 1250 m, dénivellation : 315 m)
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En 1986, le spéléo baroudeur du SCSC Pascal
Boirry réside alors non loin de cette grande cassure qui entaille
les Monts de Bienne. |
![]() Cascade de Pissevielle |
![]() Cascade de Pissevieille |
Fort de l'expérience du Bief des Parres, la technique
des amarrages évolue alors vers un prototype de broche à double
scellement, cette fois réalisé avec une résine époxy
bi-composants célèbre : lAraldite ! Mais que lon se rassure, encore une fois les implantations font toujours travailler les broches au cisaillement uniquement. Chose remarquable et typiquement Jurassien, louverture du canyon (et de beaucoup de suivants) se fait en plusieurs touches successives car Dom a décidé déquiper en amarrages scellés durant la première ! Cest pas banal et ça fait durer le plaisir plus longtemps ! En octobre 90, lintégrale est ouverte et équipée en fixe, et une belle et magnifique crue voit passer enfin une équipe du SCSC uniquement consacrée au plaisir de la descente (Jean-luc Lacroix, Xavier Jaillet, Sébastien, Dominique et Dominique Guyétand). |
Vidéo réalisée en février 2007 par
Manu Carvalho :
http://www.youtube.com/watch?v=thnKgJvSgp8
3) Le premier canyon aquatique : Les
gorges de lAbîme
(St-Claude, longueur : 800 m, dénivellation : 50 m)
| Situées aux portes Nord de Saint-Claude, les gorges
de lAbîme sont surtout connues pour la mythique résurgence
qui les alimente en partie : le trou de lAbîme. En aval, ce torrent puissant et très froid sencaisse entre deux parois et dinnombrables bassins profonds en jalonnent le parcours. Cest Robert Le Pennec qui, accompagné de Dominique Guyétand réalise la toute première descente "moderne" de la partie amont en 1979. Aventure émaillée seulement par la nécessité de remonter en stop en néoprène à la voiture du haut, car les clés de celle du bas sy trouvait Cétait ça aussi les balbutiement du canyoning ! |
![]() Gorges de l'Âbîme |
À cette époque, pas encore daménagement
touristique et laccès pouvait se faire avec une petite navette
par la route de Vaucluse. Puis, calme plat, avec seulement deux ou trois descentes de lamont sans poser déquipement fixe. Il faudra attendre la formation du duo "Jean-Luc Lacroix - Dominique Guyétand" pour que lexploration et léquipement des sites prennent une autre ampleur. Cest donc en 1990 que les compères réalisent louverture de la partie aval et léquipement en fixe de lensemble, donnant une nouvelle dimension à ce site et au canyoning Jurassien. À cette époque, Jean-Luc possédait une néoprène aussi fine que ses épaules de kayakiste étaient larges, et les bains répétés dans leau à 7°c avait presque réussi à entamé son enthousiasme ! On notera aussi lapparition des broches doubles en inox, indestructibles, résistant sans doute à plus de 5 tonnes au cisaillement et sorties tout droit de latelier et de limagination de Dominique. |
| Vingt sept ans après, elles sont toujours en place,
en parfait état
Fait marquant et important : EDF qui gère la micro centrale située à lentrée des gorges, fait pression auprès de la commune de St-Claude pour interdire laccès au lit du canyon, interdisant du même coup le canyoning. Parallèlement, la commune réalisait à grands frais des aménagements touristiques, infiniment plus dangereux (chutes de pierres, absence de rambardes, etc ) que la pratique raisonnée du canyon. Aucune des nombreuses négociations naboutirent, malgré labsence de danger en période détiage |
4) Le bief de la Goulette
(Jeurre, longueur : 400m, dénivellation : 120m)
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Ces cascades de tuf bien visibles depuis le fond de la
vallée de la Bienne sont peu encaissées. |
![]() Bief de la Goulette |
Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2006 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3sr.html
5) Le ruisseau des Gorges
(Vaux-les-St-Claude, longueur : 1750 m, dénivellation : 280
m )
Encore une fois, on doit louverture de cette longue course
sauvage à léquipe de Jean-Luc Lacroix (J. Boillot, P. Jeandel,
D. Breuillot) en 1990.
Et encore une fois, ne disposant pas de perfo, ils équipent à
laide de spit de 8 mm avec des anneaux doublés : un long et
beau travail.
Cest au printemps 91 que Dominique peut enfin faire cette descente, mais
Jean-Luc ne reconnaît plus le canyon !
En effet, un hiver terrible cest abattue sur le secteur, et une neige
très lourde a renversé des centaines darbres, créant
un immense enchevêtrement apocalyptique façon Mikado.
Cest la consternation !
Tombé sous le charme de ce ravin perdu, Dominique en entreprends le nettoyage,
parfois accompagné, mais le plus souvent seul, totalisant plus dune
centaine dheures de travail !
En 1992, avec des membres de lassociation Haut-Jura Canyon quil
a créé (Christophe Bourg et J-Yves Mussot) il ré-équipe
lensemble de la descente.
Avec des moyens cette fois, puisque avec des chaînes inox sur goujons
inox de 10 mm
Le top en la matière à lépoque !
Cet équipement "grand luxe" est même rendu inviolable
en adaptant en atelier la partie à percuter des Longlife 12 mm de Petzl,
encore une innovation !
Il est à souligner, que dans le même temps et jusque très
tard (années 2000) la plupart des grandes classiques "usines à
BE" des Alpes restaient encore équipées en spit de 8 mm avec
plaquettes alus et maillons rongés
Exemple consternant : Angon en Haute-Savoie !
6) Encore un gros morceau : Les cascades
du Grosdar
(St-Claude, longueur : 2500 m, dénivellation 380 m)
| Cette grande course devenue une classique se décompose
en deux parties distinctes. Laval, facile, peu encaissée est aquatique et ne comporte quune verticale finale shuntable. De tout temps elle a été parcourue par les autochtones. À la belle saison cétait même la piscine des sanclaudiens réchauffés, avant la construction de la piscines actuelle. Lamont, avec ses grandes verticales dont la célèbre "Queue de Cheval" et ses 70 m plein vide a une histoire plus récente. Par sa beauté et sa présence, cette belle verticale a depuis longtemps attiré lattention des amateurs de rappels à sensations, sans doute des grimpeurs. Mais il ne subsiste aucune trace de leur passage, et aucune information fiable nest parvenue jusquà nous. Toutefois, en 1990, une équipe de grimpeurs "Lyonnais" menée par Jean-Claude Berrard équipe sommairement les trois cascades de lamont et font même les manchettes de la presse locale. Léquipe du SCSC qui connaît déjà bien laval aquatique, rode en même temps que les lyonnais sur lamont, mais "invente" lintégrale, en équipant encore plus en amont, en ré-équipant les grandes verticales ainsi que la cascade terminale baptisée la "Queue dÂne" qui est haute de 25 m. Au printemps 1991, lintégrale est parcourue pour la première fois par Sébastien et Dominique Guyétand. |
Cascade du Grosdar |
Vidéos réalisée par Fabien Le Pissard en
2005 et 2006 (amont + aval) :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3g6.html
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3gX.html
7)Les gorges du Flumen
(Septmoncel, longueur : 1200 m, dénivellation : 300 m)
Gorges du Flumen |
Traversant une magnifique cluse typiquement Jurassienne,
le Flumen na curieusement pas attiré tout de suite les canyonistes
sanclaudiens, bien occupés à ouvrir dautres sites de
taille conséquente. Les gorges, parcourues par un torrent très froid et puissant sont sans doute explorées partiellement depuis fort longtemps par les forestiers et les pêcheurs, mais aussi par des meuniers qui colonisèrent la partie amont. On rencontre en effet de nombreuses ruines de moulins, splendide témoignage dun passé révolu, où leau avant dêtre perçue comme un loisir était avant tout une énergie et une nécessité. Mais cette cluse est une mine dinformation sur le plan hydrologique et spéléologique, aussi les spéléos en fréquentent assez tôt certains secteurs, en évitant soigneusement de se tremper, juste pour repérer déventuelles cavités ou déposer des fluocapteurs Puis les temps changent et en 1990 les "Lyonnais" menés par J-C Berrard équipent sommairement et réalisent la première descente moderne (dans leau) et intégrale connue. Sans doute y en a t-il eu des précédentes, mais labsence déquipement fait penser que ces pionniers évitaient leau le plus possible. Lannée suivante, Jean-Luc Lacroix et Dominique Guyétand emboîtent le pas en ré-équipant et en nettoyant lensemble des cascades. |
Vidéo réalisée en 2006 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x1ay5o_gorges-du-flumen
8) Un vrai canyon : Coiserette
(Coiserette, longueur : 1400 m, dénivellation : 100m)
| Son exploration "Moderne" commence comme un gag. Un soir de 1991, Dominique rentre du Grosdar par le stade de Serger où est garée sa voiture. Il est allé équiper en solitaire la cascade de la "Queue dÂne". Une panne de perfo le retarde (finir le dernier trou en tapant au marteau sur le foret cest long !), aussi il rencontre fortuitement un copain membre du club de Delta et sortant de son local. Le voyant avec un sac où pend une corde ce dernier (qui possède une maison à Coiserette) lui demande doù il vient et comprenant quil sagissait de canyoning lui dit : « Et bien, vous devez bien vous amuser dans le Tacon ? ». Dominique, dabord interloqué, demande des détails et tombe des nues quand il apprend lexistence dune gorge "très profonde et très encaissée". Vite, direction Coiserette ! Et là cest le choc ! Au bord de la route où il est passé maintes fois, le Tacon se jette brusquement de 20 m dans un véritable gouffre et disparaît dans un virage en grondant. Comment avoir ignoré un tel monstre si visible ? Sans plus attendre, arrivé à la maison, coup de fil au complice Jean-Luc qui nen croit pas ses oreilles ! |
![]() Gorges de Coiserette |
![]() Gorges de Coiserette |
Le week-end suivant voit léquipe fébrile
attaquer le canyon. Le débit est à létiage mais
la météo pas fameuse. Certes, ce nest pas de la première, deux spits lattestent dans la deuxième cascade (et le copain est déjà passé une fois) mais quelle ambiance et quelle émotion ! Ils sont chargés comme des mules (perfo, trousse à spit, plusieurs cordes, etc..) et la progression est lente, surtout face aux monstrueux embâcles (des tonnes de bois compactés par les crues) qui obstruent complètement certains passages. Ils nont jamais rien rencontré de pareil ! Au beau milieu, alors quils ignorent complètement quelle est la longueur du canyon et combien dobstacles seront à équiper, éclate un gros orage. Il fait soudainement très sombre et il tombe des sacs deau ! Cest la panique et la fuite en avant, le plus rapidement possible. Par chance, plus aucune verticale à équiper et lorage se calme. La deuxième partie (dont il ignoraient lexistence) est entrevue, mais pas question de descendre avec cette météo ! |
| De retour à la maison, une enquête auprès
des copains du club révèle quune équipe (Philippe
Gilotte et Chrystelle Duparchy) avait fait une reconnaissance des deux premières
cascades en remontant sur leurs équipements laissés en fixe
façon spéléo (doù les spits rencontrés),
mais sans prendre la peine den informer le duo, un comble ! Également, on apprend lexistence dune équipe (Michel Jeantet et son acolyte Geneste, le père de lindique du Delta-Club) avait fait des parois des gorges leur terrain de jeu dans les années 75. Mais à lépoque pas question de se mouiller inutilement. Les jours suivants voient léquipe aborder et explorer la deuxième partie, mais ils sarrêtent là car ils ignorent la présence de la suite ! Dominique, curieux, décide quand même de voir si des fois, plus en aval Et Bingo, ça se rencaisse encore plus fort, il faudra revenir ! Les débits sont alors importants, mais limpatience gagne sur la sagesse et une solution un peu Rockn roll est trouvée pour faire avancer les choses et équiper la cascade entrevue depuis le haut. Il suffit de passer par la rive gauche, en visant bien, en fractionnant et en pendulant, il doit être possible de se poser pile sur le seuil incliné, où coulent environ 2 m/3 seconde, ce qui est monstrueux. Ambiance ! Il faudra attendre encore quelques semaines pour que le débit permette enfin de réaliser la descente de lintégrale (parties 1, 2 et 3) dont la 3ème en première (F. Jacquier, J-L Lacroix, D. Guyétand). |
![]() Gorges de Coiserette |
Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2005 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft39t.html
9) Le canyon des conflits : les cascades
de la Blénière
(St-Claude, longueur : 400 m, dénivellation : 110m)
Cascades de la Blénière |
Située en rive gauche de la Bienne en amont de Saint-Claude,
la Blénière est surtout connue pour sa petite cascade amont
touristique : la cascade de la Vouivre. Elle voit débarquer
pour la première fois des "homo-canyonus" par un froid
matin de 1991. Les sommets sont blancs, leau est juste en dessus de zéro et cette fois pas de perfo, donc le duo de choc se réchauffe au marteau tamponnoir pour une belle première. Ils ne savent pas encore que ce petit canyon sera une source dennuis pour de longs mois. En effet, lintégralité de la descente se déroule sur une propriété privée qui commence bien avant le portail et les barrières rencontrés. La publication des accès sera donc erronée, et le propriétaire vite dépassé et excédé par les événements. Dans lurgence et devant une situation extrêmement tendue, une solution doit être trouvée. Rapidement. Celle qui est retenue consiste à débuter la course beaucoup plus en amont, au pont de la Pitié. Il faut donc équiper et nettoyer cette portion très longue, puisquelle double la longueur et la dénivellation de la course. Depuis, cette partie amont qui présente assez peu dintérêts et requiert une navette, est peu pratiquée, au profit dun accès et retour par la bas en passant par le pont des Cheneviers. |
Vidéo réalisée en Mars 2007 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/x1fwsi_canyon-de-la-bleniere
10) Un canyon école : Les cascades
du moulin de Vulvoz
(Vulvoz)
| Ce petit site unique est un concentré de canyon.
Il est la propriété dune vieille famille de Vulvoz,
la famille Michalet. Il a été exploité fort longtemps
pour son énergie hydraulique, avec dabord une roue à
aube située dans la marmite enjambée par le petit pont, puis
un peu plus tard. À laide dune turbine alimentant une génératrice. Cette nouvelle technologie allait permettre de délocaliser lusine devenue obsolète et surtout placée dans un environnement trop âpre et dangereux (la famille entière habitait au bord du canyon, on imagine le danger !). On doit léquipement à Dominique, qui en fit louverture en 1991. Depuis, le scellement de nombreux amarrages font de ce mini canyon toujours en eau (3 cascades pour 100 m de longueur). Un canyon école , agréable et pratique pour lapprentissage de nombreuses techniques. Petite note marrante : le cour deau en question se nomme la Vulve ! Il est possible quil tire sont nom de la forme de la cascade (vue du bas) qui évoque un sexe féminin |
Cascades du Moulin de Vulvoz |
Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en 2006 :
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft3gu.html
11) Le canyon de Prévérant
(Choux et Viry, longueur : 250 m, dénivellation : 50 m)
![]() Canyon de Prévérant |
Cest sur les indications de François Jacquier
(notre actuel président) que Jean-Luc et Dominique explorèrent
ce canyon situé en forêt entre Choux et Viry en 1992. Court, il commence superbement par une zone étroite et bien sculptée, puis sévase dans une zone très ébouleuse et chaotique. Louverture sera ce jour là réalisée au spit et de façon light. Un léger complément déquipement sera réalisé un peu plus tard. À lépoque, jugeant la marche de retour trop contraignante et le canyon très court, il fut décidé déquiper façon spéléo, cest à dire en aller et retour. Donc il était impératif de partir avec plaquettes, clé de 13 et plusieurs petites cordes. Désormais, une marche de retour évidente est tracée et léquipement en fixe complété. |
12) Un canyon secret : le canyon de
la Teinte
(Vaux-les-St-Claude, longueur : 400 m, dénivellation : 125
m)
| Automne 1992. Le topo-guide (voir plus loin)
est déjà sorti quand un membre du club, Xavier Jaillet originaire
de Vaux-les-Saint-Claude, nous donne linfo suivante : Des chasseurs
lui ont signalé un ruisseau qui pourrait nous intéresser,
situé dans les bois de Vaux. Comment, quelque chose nous aurait échappé ? Dailleurs, si on regarde la carte topo, il y a juste un petit trait bleu qui disparaît (étrange) et depuis la route de la vallée, il ny a rien de visible Septiques, Jean-Luc et Dominique conviennent toutefois dun rendez vous avec Xavier. Il fait froid, et au bout de la route qui serpente dans la forêt, un minuscule lit de ruisseau à sec rampe sous la végétation. |
| « Cest là ! » déclare Xavier. Dans la perspective de rencontrer ne serait-ce quune gouille deau glacée, ils séquipent en néoprène. Une trousse à spit, un bout de corde et les voilà partis pour sans doute une fois de plus faire les sangliers pour rien, mais ils en ont lhabitude ! Et bien pas du tout. Au bout de quelques centaines de mètres, une superbe faille tapissée de mousses souvre à eux et semble se prolonger ! Lexcitation monte dun seul coup ! Et la journée ira de surprises en surprises, avec une succession ininterrompue de petite cascades toutes très encaissées, dans un décor luxuriant, descendues en première en plantant seulement un seul spit Ensuite, le ruisseau temporaire dévale de grandes dalles pour rejoindre les alluvions de la plaine pour se faire engloutir. Par la suite plusieurs descentes seront consacrées au nettoyage, à léquipement en fixe et à la topo. La descente en crue devenant un vrai régal. Ce canyon non divulgué, restera longtemps confidentiel, seulement fréquenté par un ou deux BE dans la confidence, alors que parfois ça se bousculait à la Goulette toute proche |
![]() Canyon de la teinte |
Vidéo réalisée en janvier 2007 par manu Carvalho :
http://verticalh2o.free.fr/pages/video_teintepag.html
Vidéo réalisé en Mars 2007 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/video/2449616
13) Les Gorges de la Lantenne
(Vescles, longueur : 500m , dénivellation : 100m )
| Cest Jean-Luc qui le premier reparle de cette gorge
située sur la commune de Vescles (rive droite de la vallée
de lAin, entre Cernon et Condes). Il tenait linfo de son prof
de kayak qui en avait sans doute (pensait-il) fait la première "moderne"
dans les années 80. En fait elle fut l'objet d'une première
par le GSJ dans les années 50, avec la découverte en amont
d'une statue sculptée dans le tuf, que les spéléos
avaient baptisée " La mort masquée". Les membres
du GSJ ont souvent parcouru cette gorge en 74, 75, 76, avant sa destructruction
par les tir de mine de creusement de la route au-dessus. Une visite rapide, dans de mauvaises conditions (été 91 ? ), et le duo ressort un peu dégoûté par ce quil a vu : Des accès amont et aval longs et malcommodes, de leau croupie additionnée dun peu dégout et beaucoup de troncs et de branches cassés faisant office de piège à détritus Bref, à fuir absolument ! Dans le topoguide, elles seront juste citées à la fin, avec la mention "à éviter". |
![]() Gorges de Lantenne |
Un peu plus tard, Dominique qui habite non loin, revisite
le canyon avec un autre il, car ce jour là le torrent est enfin
en eau, la lumière plus belle, les vasques transparentes ! Ce
petit bout de gorge révèle finalement un potentiel, mais il
y a du boulot ! Comme quoi, il ne faut jamais se forger une opinion
sur une seule descente
En 1994, le responsable de lADAPEMONT, association de développement locale, propose à Dominique (via son association Haut-Jura Canyon) de valoriser un ou deux sites de canyoning méconnus, dans le cadre dun projet subventionné intitulé : Grands sites basse Vallée de lAin. Cest loccasion ou jamais de pouvoir « bosser » sur des canyons avec des moyens, et pourquoi pas, faire un peu de marge pour se rembourser les amarrages des autres. Un juste retour des choses en sorte En 1995, après quelques dizaines dheures de travail, les accès sont taillés et balisés, les gorges sont débarrassées de leurs embâcles gênants, et équipées tout inox. A Coisia, les modestes cascades du Four à Chaux sont équipées lors de la même opération. Et sen suivent quelques années doublie quasi total, car il ny a pas eu de réelle publication, du moins pas dans les médias spécialisés. |
| Un jour de lan 2005 (le 8 Avril pour être précis),
un certain Wahooo (pseudo, Manu Carvalho dans la vie) contacte Dominique
sur le forum de DC.com. Il veut des renseignements sur ces canyons. Cette prise de contact, ainsi que la descente des gendarmes du PGM sera le déclic pour une reprise du nettoyage et du rééquipement de la Lantenne qui sera réalisé en 4 descentes à partir du printemps 2006. Désormais, cest un magnifique petit canyon dinitiation, avec juste ce quil faut de verticales et aussi quelques sauts. |
Vidéo réalisée en 2006 par Fabien Lepissard :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x11hov_lantenne
14) Les cascades du Hérisson
(Bonlieu, Le Franois et Ménétrux, Longueur : 1300m, dénivellation :
180 m)
| Sans doute les plus célèbres cascades du Jura
Depuis plus dun siècle, des aménagements permettent
à des milliers de touristes de remonter facilement lensemble
du parcours et dadmirer ainsi une succession de grandes cascades de
cartes postales. Les premiers à tenter de les descendre en rappel sont inconnus et nombreux sont leurs successeurs, quils soit grimpeurs ou plus certainement spéléos. Les premiers amarrages datent sans doute du début des années 80. Elles présentent assez peu dintérêt pour le puriste qui naime pas forcément prendre de douche en public Public non casqué, dailleurs bien exposé aux éventuelles chutes de cailloux provoqués par les "grenouilles araignées". Depuis peu, un musée des cascades est ouvert au public à la belle saison. |
Cascades du Hérisson |
Vidéo réalisée par Fabien Le Pissard en Avril
2007 :
http://www.dailymotion.com/fab2006/video/x1n4o6_cascades-du-herisson
15) Les gorges de la Langouette
(Les Planches-en-Montagne, longueur : 400 m, dénivellation 60m)
Gorges de la Langouette |
Cet immense coup de sabre où gronde
en permanence la puissante Saine, est situé à proximité
immédiate du village des Planches-en-Montagne. Un pont très
aérien enjambe limpressionnante partie finale, à proximité
du parking à touristes, point de départ du sentier aménagé.
Tout est visible depuis les rives. Lamont a subi également des aménagements afin de capter une partie du courant pour en faire de lélectricité. À laval, le long corridor rectiligne et sans difficultés a sans doute été remonté depuis fort longtemps, par les pêcheurs notamment . |
| La légende raconte que toute une troupe de cavaliers
"Ulhans" seraient tombés dans le canyon en janvier 1871
Plus près de nous et dès 1960 des kayakistes franchirent
la partie aval par accès en rappel au pied de la C30 ! Mais la première descente moderne façon canyoning serait attribuée à léquipe du regretté spéléologue Jean-Claude Frachon en 1981. Il publiera cette course en 1990 dans le topoguide : « Spéléologie en Franche-Comté ». Après cette date, peu de descentes sans doute, à voir létat pitoyable des quelques amarrages retrouvés. Dominique et Bernard Hostache (SCSC et HJC) ré-équipent en broches inox en 1993 et 1995. |
16) Le Bief de la Ruine
(Foncine-le-Bas, longueur : 350 m, dénivellation : 110m)
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Il sagit dune succession ininterrompue de cascades
temporaires sortant dune exurgence et se jetant dans la Saine dans
les gorges de Malvaux. Vidéo réalisée en Avril 2007 par Fabien
Le Pissard : |
Bief de la Ruine |
17) Une rando aquatique : les Gorges
de Malvaux
(Foncine-le-Bas, longueur : 600m, dénivellation : 30m)
Entre Foncine et les Planches, la puissante Saine serpente dans
une profonde et sauvage gorge.
En hautes eaux, elles attirent depuis longtemps les amateurs deau vive.
À létiage, cest une agréable et facile randonnée
aquatique et par tous les temps un bon spot de pêche !
La seule cascade, haute de 16 m est contournable. Aucun amarrage fixe ne vient
"dater" sa première descente. Seuls subsistent des cordes fixes
pour le franchissement et le contournement, posées par les guides canyon
locaux.
18) Le Ruisseau de la Pèle
(Onoz, longueur 650 m, dénivellation : entre 70 et 100 m)
![]() Ruisseau de la Pèle |
Situé sur la rive droite du barrage
de Vouglans, ce paisible ruisseau forestier se jette dans la retenue au
fond dune belle reculée. Des vestiges de moulins attestent dune fréquentation ancienne et son caractère peu encaissé a permis de le parcourir depuis toujours. Qui le premier a descendu la cascade finale ? Mystère ! Néanmoins, on doit léquipement aux moniteurs de la base nautique de Bellecin toute proche, dont Guy Meunier, en 1990. |
19) La Cimante
(Meussia, longueur : 250m, dénivellation : 50m)
| Cette courte descente non encaissée est connue des
locaux depuis toujours. Elle est propice a une descente dinitiation pour les enfants par exemple. Des arbres permettent de descendre les 4 petites cascades, il ny a donc aucun amarrage fixe. Publiée dans le topoguide en 1992 à linitiative de Jean-Luc. Une modification du tracé de la RD 27 a récemment enlaidit le parcours, ôtant un peu de charme à cette course mineure. |
La Cimante |
20) Les cascades du Four à Chaux
(Coisia, longueur : 400m, dénivellation : 110m)
Ces modestes cascades temporaires dévalent les flancs
de la vallée de lAin à Coisia, (village qui abritât
Dominique durant 9 ans
). À chaque grosse pluie, elles traçaient
un trait verticale en face de sa maison, mais la végétation était
si envahissante, le travail à entreprendre si rébarbatif, quelles
resteront vierges encore longtemps.
Puis vint le projet de lADAPEMONT "Grands sites basse vallée
de lAin" (voir le paragraphe de la Lantenne) et
un gros nettoyage fut entrepris en une dizaine de séances en 1994 et
1995.
Léquipement sera réalisé dans la foulée. Ensuite,
grand vide durant plus de 10 ans avec sans doute aucune descente et donc zéro
entretien. En 2006, des gendarmes du PGM revisitent le site et relancent par
le même coup lintérêt de la course (publication sur
DC.com).
Dominique et Manu Carvalho (ce dernier habite aussi Coisia, quel hasard !)
refont alors une descente le 15 février 2007 en faisant un peu dentretien
et une vidéo.
Vidéo réalisée en février 2007 par
Manu Carvalho :
http://verticalh2o.free.fr/pages/video_four_a_chauxpag.html
![]() Cascade de Chanon |
Canyon court affluent de lHéria, que lon
rencontre en montant le côte de Jeurre (RD 27 entre Jeurre et Villards-dHéria). On doit louverture à des membres du Delta-Club du Haut-Jura (à une époque, cétait canyon quand les conditions de vol nétaient pas bonnes ) dans les années 90. Un rééquipement sur Starfixe Raumer inox est réalisé par Dominique accompagné de Jean-Yves Mussot en 1995. Du fait de la route surplombante, des déchets finissent lamentablement au fond du canyon Un nettoyage est programmé. |
| Fin 91, le duo "Dominique - Jean-Luc" écume
tous les week-end chaque recoin du Haut-Jura pour trouver de nouveaux sites
à ce mettre sous la dent. Ils réalisent en même temps
des fiches qui commencent à saccumuler. Lidée un peu folle germe alors de publier sous forme dun topoguide. Lhiver sera consacré à la mise au net de toute cette somme dinformations, ainsi qua la vérification de nombreux paramètres sur le terrain et la réalisation de photos dillustration. Une deuxième grande aventure Un contact est pris avec le leader des éditeurs de topoguides sportifs et un contrat est signé dans la foulée. Cest ainsi que naquit en 1992, "Cascades, gorges et canyons du Haut-Jura" chez Edisud, tiré à 3000 exemplaires. Cest un succès immédiat. Dès sa parution, des centaines de pratiquants se ruent littéralement sur la région (principalement des personnes issues de région assez Nord), à lassaut de canyons complètement inconnus, seulement parcourus par une poignée dinitiés. En mémoire, la copilote dune camionnette de Parisiens, carte Michelin et topo tout frais sur ses genoux, guidant au ralentie le chauffeur hésitant, au carrefour de Coiserette Que démotion et de satisfaction à voir la concrétisation de tous ces efforts |
![]() Cascade de Pissevieille |
23) Un gros boulot sans fin : léquipement et le nettoyage.
![]() Canyon de Prévérant |
Louverture et surtout la publication de sites peu
ou pas connus a impliqué une somme de travail énorme, pour
ne pas dire considérable. Il y a déjà la pose damarrages,
qui comme on la vu plus haut a été réalisée
de façon assez lourde dès le départ (scellements, goujons
inox, chaînes, etc
). Puis il y a eu le choix et souvent la création pure et simple des accès, ce qui représenta parfois pas mal de boulot et de soucies (voir la Blénière par exemple). Mais la plus grosse part de travail aura été (et cest encore vrai maintenant) le nettoyage de tout ce qui encombre le lit des torrents, à savoir des siècles de casse darbres, des embâcles coincés par les crues et plus près de nous les déchets générés par lactivité humaine Cela représente des centaines dheures de travail, sans compter les déplacements, la progression dans les canyons et les accès Un exemple ancien cité plus haut, le ruisseau des Gorges avec plus dune centaine dheures de tronçonnage. Plus près de nous, lénorme opération réalisée sur un week-end à Coiserette en 2005 avec les gars de la Tribu Canyon et du Spidercan qui doit totaliser pas loin des 200 heures cumulées. Léquipement des canyons a été (et est encore) en perpétuelle progression. Dabord réalisé avec les moyens du bord et pour des lignes de descente unique, au fil du temps la qualité des matériels utilisés et leurs dispositions na cessé dévoluer et de ce perfectionner. |
| Les débuts ont privilégié des amarrages
généralement en retrait, souvent pour des raisons de sécurité.
Si cette configuration dispensait souvent de la mise en place de mains-courantes
daccès, cela générait beaucoup de frottements
et des problèmes de gestion de descente (débutant hors de
la vue du leader, usure de la corde, rappels délicats
). Puis vint doucement la mode des mains-courantes et donc des relais déportés. De plus, beaucoup de cascades virent apparaître des amarrages sur chaque rive, de façon à permettre la descente dans leau et hors eau. Cette phase déquipement qui consiste à bien réfléchir et à anticiper sur les futures actions tout en laissant une marque indélébile pour de nombreuses années (une signature en quelque sorte ) est une des passions de Dominique. Passion qui le pousse encore maintenant à passer des journées entières à crapahuter (souvent seul) avec une montagne de matos, pour seulement aller poser 2 amarrages quil juge utiles pour le plaisir des autres ou pour améliorer la sécurité. Comme un peu de chauvinisme ne fait pas de mal, on peut dire quon lui doit environ 95 % des points posés dans la région ! Pour ce faire une petite idée, 62 est le nombre de points dancrage (goujons, broches scellées) que lon rencontre dans le canyon du Flumen |
Un fait curieux (et qui va sans doute faire grincer quelques dents…) est à signaler : la relative désaffection de la communauté spéléo jurassienne face au monde du canyon. Mais est-ce propre au Jura ? Dès les débuts de l’histoire, une très grande majorité des membres du club resta de marbre face aux "péripéties" et aux tribulations de quelques accros. Un désintérêt qui perdure encore maintenant. C’est assez incroyable de savoir que des sites comme le Grosdar, Coiserette ou le Flumen par exemple, qui sont des classiques connues, appréciées et situées aux portes de Saint-Claude, n’ont jamais été parcourus par une majeure partie des membres du SCSC. Si on élargie le cercle au niveau des clubs jurassiens, c’est encore pire. |
![]() Gorges de Coiserette |
C’est cet état de fait qui amena Dominique à créer une association indépendante et autonome dès 1993 et baptisée Haut-Jura Canyon. Cette liberté vis à vis des instances locales et fédérales encore peu enclines au monde du canyon, allait être un moteur du développement. Mais, revers de la médaille, allait justement sans doute contribuer à accentuer cet écart entre "spéléos purs" et "spéléos renégats". Une des conséquences concrète de ce manque d’intérêt et de soutien, se traduit par l’absence totale de dynamique de la part d’un Comité Départemental parfaitement indifférent ! Indifférence due aussi aux représentants de la commission canyon un brin démobilisés, pour ne pas dire dégoûté pour certains… On pourrait également élargir la réflexion au niveau des collectivités et des communes, finalement peut enclines à promouvoir et a soutenir une activité pourtant florissante et pourvoyeuse en "touristes consommateurs". Il est à noter qu’une grande majorité des pratiquants sont extérieurs à la régions et que souvent leur venue dans le Haut-jura est juste dictée par la visite d’un ou plusieurs canyons. |
Bonnes descentes.
D. Guyétand
Crédit Photo : Yves Daniou, Vincent Quatrepoint, Bernard Navarro, Philip, Dominique Guyétand et stage EFC Jura 2006